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Département d’État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Allocution
Le 23 septembre 2021

Palace Hotel
New York, État de New York

SECRÉTAIRE BLINKEN : Bonsoir à toutes et à tous. Nous avons eu, je pense pouvoir le dire avec certitude, quelques jours bien remplis ici à l’Assemblée générale des Nations unies.

En fait, cette semaine a été la première Assemblée générale des Nations unies depuis que le président Biden a pris ses fonctions, et je pense qu’elle a montré l’approche que les États-Unis, sous sa direction, adoptent pour s’engager et collaborer avec le reste du monde.

Nous pensons que cela fait une différence lorsque les États-Unis sont présents, écoutent et dirigent ; cela nous donne une plateforme unique pour rassembler les autres afin de relever les grands défis de notre temps. Cela nous permet de renforcer les règles et les institutions qui contribuent à défendre nos valeurs et à promouvoir nos intérêts depuis de nombreuses années. Et tout cela, en fin de compte, est essentiel et revient à essayer de répondre aux besoins du peuple américain, ce qui est le principe qui anime notre politique étrangère.

Il est particulièrement important que nous soyons présents lorsque certains tentent de modifier les règles et les principes qui sont au cœur des Nations unies et envers lesquels tous les États membres se sont engagés, y compris les pays les plus puissants. Ils s’étaient entendus parce qu’ils étaient conscients que cela servirait en fin de compte non seulement les intérêts de l’humanité, mais aussi les leurs, et cela reste vrai aujourd’hui.

Ils s’étaient également entendus sur le fait que la promotion des droits humains et de la dignité était un élément essentiel de cette entreprise, et que ces droits étaient universels, et non des valeurs subjectives variant d’une société à l’autre. Et ils rejetaient l’affirmation que nous entendons parfois aujourd’hui, selon laquelle la façon dont les gouvernements traitent les populations à l’intérieur de leurs frontières ne regarde qu’eux.

Maintenant, cela ne signifie pas que lorsque nous dialoguons, nous sommes toujours d’accord, surtout dans une instance aussi importante que les Nations unies. Mais nous dialoguons parce que nous reconnaissons, comme l’a dit le président Biden, qu’il existe une vérité fondamentale au XXIe siècle, à savoir que notre propre succès est lié au succès des autres. Pour répondre aux besoins de nos concitoyens, pour faire face aux défis véritablement mondiaux de notre époque, nous devons tout simplement collaborer avec les autres pays.

C’est la raison pour laquelle vous avez vu les États-Unis déployer de tels efforts pour revitaliser les alliances et les partenariats. Nous avons réaffirmé notre engagement inébranlable envers l’OTAN, et en particulier envers l’article 5, ainsi que la défense de nos Alliés en Asie orientale. Nous renouvelons, nous élargissons et nous approfondissons le dialogue avec l’Union européenne et nous renforçons le partenariat quadrilatéral. Nous reprenons le dialogue avec les institutions régionales, de l’ANASE à l’Union africaine en passant par l’Organisation des États américains.

Et, bien sûr, nous ravivons notre engagement au sein des Nations unies. Nous avons rejoint l’Organisation mondiale de la santé, l’Accord de Paris sur le climat, nous cherchons à siéger au Conseil des droits de l’homme, nous nous sommes réengagés avec le Fonds des Nations unies pour la population, avec le groupe central LGBTI des Nations unies.

Nous sommes déterminés à être à la table des négociations, et nous le sommes.

Et c’est pourquoi vous avez vu notre équipe se livrer à ce que le président Biden a appelé une « diplomatie acharnée » cette semaine. Je pense que d’ici la fin de la journée, j’aurai rencontré plus de 60 pays dans le cadre de groupes bilatéraux, régionaux ou multilatéraux, dont le G20, le P5, l’ANASE, le CCG, le C5, mes homologues d’Amérique centrale et du Mexique.

Et à travers tous ces engagements diplomatiques de cette semaine, deux défis se sont démarqués des autres.

Le premier est la COVID-19.

Lors du sommet que le président a convoqué hier, il a annoncé de nouveaux engagements des États-Unis pour mettre fin à cette pandémie, notamment par l’achat d’un demi-milliard de doses supplémentaires du vaccin Pfizer. Cela porte le nombre de doses sûres et efficaces que les États-Unis donneront à plus de 1,1 milliard, et ce sans aucune condition. Nous sommes en outre résolument déterminés à obtenir de la communauté internationale qu’elle travaille ensemble à la réalisation de trois objectifs d’une importance capitale.

Premièrement, nous devons vacciner des milliards de personnes supplémentaires et le faire aussi vite que possible, en vaccinant complètement au moins 70 % de la population dans chaque pays, à tous les niveaux de revenus, d’ici la fin de l’année prochaine, en 2022.

Deuxièmement, nous devons prendre dès maintenant des mesures audacieuses pour sauver des vies, qu’il s’agisse d’élargir l’accès à l’oxygène et aux traitements pour soigner les malades ou de combler les lacunes massives en matière de capacités de dépistage.

Et troisièmement, nous devons mieux reconstruire la sécurité sanitaire mondiale, pour mettre fin à cette pandémie et nous mettre dans une meilleure position pour prévenir, détecter et vaincre la prochaine.

Le message que nous envoyons est donc clair : il ne suffit pas de dire que nous ferons mieux. Notre santé, nos économies, notre sécurité exigent que nous respections nos engagements et que nous tracions la voie pour mettre fin à cette pandémie, une fois pour toutes.

Et nous allons saisir toutes les occasions de faire avancer les choses, notamment lors de la prochaine réunion du G20, en nous obligeant, ainsi que la communauté internationale, à rendre des comptes sur les engagements que nous avons pris lors du sommet. Et pour continuer sur cette lancée, à la demande du président, je convoquerai les ministres des Affaires étrangères à une réunion sur la COVID-19 avant la fin de l’année. Le président lui-même accueillera des chefs d’État au début de l’année prochaine, en 2022, pour discuter de la pandémie.

Le deuxième grand défi est la crise climatique. Nous ne sommes plus qu’à quelques semaines de la COP26, et si nous voulons éviter des conséquences cataclysmiques et faire en sorte que l’objectif essentiel de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius reste accessible, chaque nation doit se présenter à la table des discussions avec les plus grandes ambitions possibles. Et nous avons encore du chemin à parcourir.

J’ai eu l’occasion de participer ce matin au Conseil de sécurité à une session sur le climat et la sécurité, dont l’objectif est de reconnaître l’impact profond de cette crise sur la paix et la sécurité internationales. Dans le domaine du climat, comme pour la pandémie, nous continuons de faire figure d’exemple, comme en témoigne la promesse faite par le président Biden à l’Assemblée générale de travailler avec le Congrès pour doubler le financement public international destiné aux pays les plus affectés par le changement climatique, afin de les aider à renforcer leur résilience pour s’adapter, en s’appuyant sur les niveaux qu’il avait déjà doublés en avril.

Et pourtant, en ce qui concerne la pandémie et le climat, la réponse internationale n’est pas aussi vigoureuse qu’elle devrait l’être. C’est ce que nous avons essayé de faire ressortir cette semaine et que nous continuerons de mettre en avant dans les jours et les semaines à venir.

Maintenant, certains pourraient être tentés de rejeter la faute sur les Nations unies et d’autres organismes multilatéraux. Mais comme Richard Holbrooke l’a dit un jour, blâmer l’ONU pour les problèmes du monde, c’est comme blâmer le Madison Square Garden lorsque les Knicks ne jouent pas très bien. Que la communauté internationale relève ou non le défi de notre époque, qu’il s’agisse de la COVID, du climat ou des nombreux autres défis dont nous avons discuté cette semaine, dépend toujours, en fin de compte, de la volonté de gouvernements comme le nôtre de se mobiliser et d’entraîner les autres avec eux. C’est encore une fois la raison pour laquelle il est si important pour les États-Unis d’être présents, de dialoguer et de diriger.

Au cours de la semaine, nous avons bien sûr eu l’occasion de discuter de nombreuses autres questions d’importance critique :  la Libye, la Birmanie, le programme nucléaire iranien, la Corée du Nord, la Syrie, l’Éthiopie, les migrations régionales. La liste est longue.

Il convient de noter que la semaine de haut niveau de l’ONU exige une énorme quantité de travail de la part de tous les services du département d’État. Chaque réunion, chaque déclaration, chaque point de presse nécessite une planification, une analyse, une exécution, sans oublier une coordination étroite avec les autres services du gouvernement des États-Unis impliqués dans cet événement. Et je dois dire, au terme de ma propre participation ici, que notre équipe a toujours été à la hauteur, et je lui en suis reconnaissant. Je tiens donc à remercier chaque membre de notre équipe pour tout le travail accompli afin de rendre cette semaine efficace et pour le service qu’ils rendent chaque jour à nos concitoyens.

Avant de conclure, permettez-moi d’ajouter quelques mots en particulier sur l’Afghanistan.

Ce sujet a été au centre des discussions au Conseil de sécurité hier soir avec le G20, ainsi que dans un certain nombre de réunions bilatérales et multilatérales. Dans toutes ces réunions, nous avons souligné combien il est essentiel que la communauté internationale reste unie dans son approche. Les talibans continuent de rechercher la légitimité, le soutien international.

Le message que nous adressons à la communauté internationale est que toute légitimité ou tout soutien qui pourrait être accordé aux talibans dépend du respect des engagements qu’ils ont pris dans des domaines clés, qui sont tous inscrits dans une récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Permettre aux ressortissants étrangers et aux Afghans de voyager hors du pays, s’ils le souhaitent.

Empêcher les groupes terroristes d’utiliser l’Afghanistan comme base pour des opérations extérieures menaçant d’autres pays.

Respecter les droits humains fondamentaux, notamment ceux des femmes, des enfants et des membres de groupes minoritaires, et s’abstenir d’exercer des représailles.

Permettre un accès humanitaire sans entrave.

Et former un gouvernement véritablement inclusif qui puisse répondre aux besoins fondamentaux et refléter les aspirations du peuple afghan.

Il ne s’agit pas d’une faveur accordée à la communauté internationale. Il s’agit d’une exigence fondamentale pour un Afghanistan stable et sûr. Et alors que nous demandons aux talibans de respecter ces engagements, nous continuons de travailler avec les autres gouvernements, les institutions financières et les ONG pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire aux Afghans dont la vie en dépend.

Ainsi, alors que la semaine de haut niveau touche à sa fin, la diplomatie acharnée dont le président a parlé ici à l’ONU, dans le monde entier, se poursuit. Et ce sera le cas chaque jour.

Un tout dernier point : j’ai eu la chance de rencontrer aujourd’hui mon homologue français, Jean-Yves Le Drian. Nous avons participé à de nombreuses réunions ensemble cette semaine : le P5, le G20, la réunion qu’il a organisée avec ses homologues allemand et italien sur la Libye. Notre réunion d’aujourd’hui fait suite à la conversation d’hier entre le président Biden et le président Macron, au cours de laquelle ils sont convenus que l’annonce du 15 septembre aurait gagné à faire l’objet de consultations ouvertes entre Alliés, et où ils ont décidé d’un processus de consultations approfondies à l’avenir. Nous reconnaissons que cela prendra du temps et demandera un travail assidu, et que cela se traduira non seulement par des mots mais aussi par des actes. Et je m’engage à travailler en étroite collaboration avec le ministre Le Drian sur cette tâche cruciale.

Sur une note personnelle, je voudrais juste ajouter que lui et moi sommes amis depuis longtemps, c’est quelqu’un que je tiens en très, très grande estime.

Sur ce, je suis ravi de répondre à vos questions.

M. PRICE : Nous allons commencer avec Kylie Atwood, CNN.

QUESTION : Bonjour.

SECRÉTAIRE BLINKEN : Bonjour, Kylie.

QUESTION : Merci, Monsieur le secrétaire, pour ce point de presse. Je veux commencer par une question sur Haïti. L’envoyé spécial pour Haïti, Daniel Foote, a démissionné ce matin ou cette semaine, et il a qualifié la décision de l’administration Biden d’« inhumaine… d’expulser… les réfugiés haïtiens », ainsi que les politiques des États-Unis pour Haïti de « profondément défectueuses ». Je me demandais si vous aviez eu une discussion avec lui avant d’accepter sa démission et si vous considérez qu’il est humain d’expulser les migrants haïtiens, considérant que les familles qui viennent aux États-Unis pour demander l’asile doivent avoir une base légale pour rester ici aux États-Unis.

Et puis j’ai une deuxième question, plus générale : la façon dont l’administration Biden a géré plusieurs questions de politique étrangère ces derniers temps, notamment le retrait chaotique d’Afghanistan, le nouvel accord de sécurité entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni qui a suscité la colère des Français, la crise frontalière, les réfugiés d’Haïti, le retard dans les négociations sur l’accord avec l’Iran, a fait l’objet de très nombreuses critiques. Il semble que l’administration ait mal géré un grand nombre de ces questions. Quelle est votre réponse à cela ?

SECRÉTAIRE BLINKEN : Merci, Kylie. Donc, pour commencer avec Haïti, laissez-moi d’abord dire ceci : je tiens à remercier Dan Foote pour son service, son service de longue date. Vous avez entendu parler des désaccords qu’il a eus avec l’administration sur la politique en Haïti, mais je dois dire que j’apprécie la passion qu’il a apportée à ce rôle, la passion qu’il a apportée à son travail. Et je pense que nous sommes tout à fait d’accord sur la nécessité fondamentale de soutenir le peuple haïtien, de renforcer la démocratie en Haïti.

Le fait est qu’il y a eu de multiples conversations de haut niveau sur Haïti au cours desquelles toutes les propositions, y compris celles avancées par l’envoyé spécial Foote, ont été pleinement prises en compte dans le cadre d’un processus rigoureux et transparent. Et en fin de compte, le rôle du cabinet du président, le rôle de ses conseillers, est de lui fournir les meilleurs conseils possibles. Nous n’ignorons pas les idées, nous les examinons, nous les prenons en considération. Mais nous avons un processus politique qui, dans notre cas, est très inclusif, mais qui est conçu en définitive pour décider quelles idées seraient efficaces pour faire avancer notre programme, pour faire des recommandations au président et, en tant que de besoin, le président décide.

Dans ce cadre, des désaccords surviennent inévitablement. Les gens ont des opinions bien arrêtées sur presque toutes les questions que nous traitons, surtout lorsqu’il s’agit d’une question qui suscite une véritable passion comme Haïti. Le niveau de désespoir des migrants est quelque chose qui ne peut que nous toucher tous profondément. C’est pourquoi je comprends parfaitement la passion que cela suscite et je comprends la passion de Dan.

Mais c’est aussi la raison pour laquelle, sur le plan tant personnel qu’institutionnel, nous nous sommes engagés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir le peuple haïtien, maintenant et à l’avenir. Nous avons une ambassadrice extraordinaire à Port-au-Prince, Michele Sison. Nous avons un secrétaire d’État adjoint aux Affaires des Amériques, Brian Nichols, qui vient d’être confirmé, et qui, je suis heureux de le dire, se rendra en Haïti. Ensemble, l’ambassadrice Sison et le secrétaire d’État adjoint Nichols dirigeront nos actions, ainsi que le travail remarquable accompli par l’Agence des États-Unis pour le développement international, l’administratrice Power et son équipe.

Il s’agit donc d’un point essentiel de notre action. Je voudrais ajouter, et bien sûr je me réfère – je vous renvoie à d’autres collègues, notamment au département de la Sécurité intérieure, sur certaines de ces questions, mais l’un des développements très malheureux que nous avons vu est que, de diverses manières et dans divers endroits, certaines personnes donnent des informations erronées aux Haïtiens, que ce soit en Haïti ou des Haïtiens résidant dans d’autres pays, selon lesquelles ils peuvent venir aux États-Unis et y rester en raison du statut temporaire protégé qui a été accordé aux Haïtiens qui étaient déjà ici il y a quelques mois.

Et cette fausse information est très, très regrettable, car elle pousse les gens à faire des voyages très dangereux, à se mettre en danger, à s’exposer davantage à la COVID-19, entre autres choses, sur la base de l’information erronée selon laquelle ils peuvent venir et rester. Nous travaillons donc assidûment, en plus de prendre en charge les Haïtiens, pour nous assurer que les gens comprennent qu’ils ne peuvent pas faire cela.

Deuxième question, plus large. Écoutez, nous pourrions passer du temps à parler de chacun des – chacun des détails que vous avez mentionnés. Mais ce que j’ai entendu ici cette semaine, en particulier à la suite du discours du président, c’est un sentiment d’appréciation très fort et partagé par quasiment toutes les personnes à qui j’ai parlé ainsi qu’un soutien très marqué en faveur de la vision que le président Biden a proposée à l’Assemblée générale : des États-Unis déterminés à travailler en étroite collaboration avec d’autres pays ; des États-Unis qui comprennent que pas un seul des grands problèmes et défis auxquels nous sommes confrontés, auxquels nos concitoyens sont confrontés, ceux dont nous avons parlé, de la COVID au climat en passant par l’impact disruptif des technologies émergentes, pas un seul ne peut être résolu par l’un d’entre nous agissant de manière isolée, y compris les États-Unis ; que nous accordons une grande importance à la collaboration avec les autres et que nous accordons une grande importance à la diplomatie. Et l’importance, l’accent qu’il a mis sur la lutte contre la COVID-19 et le changement climatique a résonné dans toute cette institution, tout comme l’accent qu’il a mis sur le multilatéralisme, sur la défense des droits humains et de la démocratie, et sur le fait qu’il nous a rappelé à tous qu’au cœur de ce système global auquel nous avons adhéré, il y a des peuples, des individus, et pas seulement des États-nations.

Donc écoutez, comme je l’ai dit, nous pouvons parler de chacun de ces cas spécifiques, mais je dois vous dire que ce que j’ai entendu ces deux derniers jours en réponse au discours du président et à la direction qu’il nous fait prendre était extrêmement positif et extrêmement favorable aux États-Unis.

QUESTION : M. le secrétaire —

M. PRICE : Kylie, nous devons passer à autre chose. Je suis désolé. Véronique Le Billon.

QUESTION : Merci de prendre ma question. Vous avez rencontré le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ce matin pour discuter de la crise. Le ministre français a dit que la sortie de crise, je cite, prendrait du temps et nécessiterait des actions. Pourriez-vous être plus précis ? Désolée. De quel type d’actions spécifiques avez-vous discuté et qui pourraient être prises dans les mois à venir dans l’intérêt commun ?

Et aussi une question sur l’Inde. Le Quad se réunit demain, et Narendra Modi et Emmanuel Macron ont parlé ensemble il y a quelques jours et, comme vous le savez, ils ont un partenariat assez large. Est-ce que vous seriez favorable à une alliance entre les deux pays en matière de sous-marins nucléaires ? Je vous remercie.

SECRÉTAIRE BLINKEN : Je vous remercie. Juste deux ou trois choses. Tout d’abord, d’une manière générale, comme je l’ai indiqué, nous travaillons actuellement, à la demande du président Macron et du président Biden, à un processus de consultations poussées sur une série de questions visant à approfondir, de manière très concrète, la coopération et la coordination entre nos pays, qui depuis de nombreuses années et à bien des égards est déjà remarquablement forte, mais nous pouvons faire plus, et nous pouvons faire mieux.

Je pense que nous nous félicitons de l’engagement de l’Europe, ainsi que de l’engagement et du leadership de la France dans la région indopacifique, et c’est un point qui mérite d’être souligné. La stratégie de l’Union européenne sur l’Indopacifique qui a été exposée il y a quelques jours, une stratégie à l’élaboration de laquelle la France a joué un rôle de premier plan, est une stratégie que nous accueillons très, très favorablement. Nous allons présenter notre propre stratégie révisée dans les mois à venir. Elle sera fortement imprégnée de ce que l’Union européenne a fait avec le concours très, très actif de la France. Ainsi donc, l’un des domaines dans lesquels nous chercherons à approfondir notre coopération et notre collaboration est l’Indopacifique, et il existe de nombreuses façons pour nous d’y parvenir.

De la même manière, nous travaillons déjà de manière incroyablement étroite au Sahel en luttant ensemble contre le terrorisme. Il y a quelques jours, la France a également tué un chef terroriste de haut rang qui menaçait nos deux pays, et il s’agit d’une action très importante et significative qui s’inscrit dans le prolongement du travail que la France accomplit chaque jour pour protéger notre sécurité au Sahel, avec le soutien et la collaboration solides des États-Unis. Nous allons examiner les moyens de faire encore plus ensemble au Sahel.

Et, bien sûr, nous parlerons de la sécurité transatlantique et de la sécurité européenne. Nous soutenons pleinement les mesures auxquelles la France est fermement attachée et qui conduisent à renforcer la sécurité et la capacité de défense de l’Europe en fonction des besoins, à augmenter les budgets de la défense, et ce, bien entendu, dans le respect des règles de l’OTAN. Mais c’est parfait, c’est tout à fait dans notre intérêt et dans l’intérêt de l’Europe que ces capacités soient renforcées. Nous saluons le travail, le leadership dont la France a fait preuve, et dont le président Macron a fait preuve dans ce sens également. Ce sont donc des sujets dont nous parlerons sans aucun doute, de même que du travail que nous avons accompli ensemble dans de nombreuses autres régions du monde où nous avons des intérêts communs très forts.

Je ne vais pas me lancer dans des hypothèses spécifiques concernant l’avenir, mais laissez-moi simplement dire que la France et les États-Unis ont tous deux un intérêt très fort à renforcer encore davantage leurs relations respectives avec l’Inde. C’est quelque chose que nous soutenons fortement.

M. PRICE : Shaun Tandon, AFP.

QUESTION : Merci, Monsieur le secrétaire. Puis-je vous poser une question sur l’Iran ? Comme vous le savez, le nouveau ministre des Affaires étrangères était ici, M. Amirabdollahian. Évidemment, vous ne l’avez pas rencontré, mais d’après ce que vous lisez à son sujet de la part des dirigeants européens qui l’ont rencontré, pensez-vous que nous avons – qu’il y a une voie pour reprendre les négociations sur le nucléaire et pour reprendre – pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien ? À quel moment croyez-vous que le temps sera révolu ?

Et si je peux revenir sur le commentaire que vous avez fait sur l’Afghanistan tout à l’heure, vous avez dit que vous avez fourni un effort concerté pour ne pas leur donner, aux talibans, une légitimité à moins qu’il y ait – à moins qu’il y ait des progrès qui soient faits là-bas. Pensez-vous que le monde est d’accord avec cela, y compris des pays comme la Chine, le Pakistan et tous les pays du P5 ? Je vous remercie.

SECRÉTAIRE BLINKEN : Je vous remercie. Quelques mots sur l’Iran. Notre envoyé spécial pour l’Iran, Rob Malley, était également présent tout au long de la semaine. Il a passé quelques jours très productifs à New York et retourne à Washington. Nous n’avons pas encore d’accord avec l’Iran pour reprendre les négociations à Vienne. Nous sommes tout à fait prêts à retourner à Vienne pour continuer les discussions, et la question est de savoir si, et le cas échéant, quand, l’Iran sera prêt à le faire. Nous avons fait preuve d’une grande sincérité et d’une grande fermeté dans la poursuite d’une voie diplomatique significative pour revenir à un respect mutuel de l’accord sur le nucléaire iranien et pour répondre également à l’ensemble des préoccupations que nous et de nombreux autres pays avons à l’égard de l’Iran. Nous continuons de penser qu’un retour au respect mutuel de l’accord est dans notre intérêt. Il s’agit de la meilleure option disponible pour restreindre le programme nucléaire iranien et fournir une plateforme pour s’attaquer à ses autres activités déstabilisatrices.

Mais comme je l’ai dit à plusieurs reprises récemment, cette possibilité de retour au respect mutuel n’est pas indéfinie. Et le défi qui se pose actuellement est que, chaque jour qui passe, alors que l’Iran continue de prendre des mesures incompatibles avec l’accord, en particulier en constituant des stocks plus importants d’uranium hautement enrichi à 20 %, voire à 60 %, et en faisant tourner des centrifugeuses plus rapides, le moment viendra où le simple retour au respect mutuel de l’accord sur le nucléaire iranien ne permettra pas de retrouver les avantages de l’accord, car l’Iran aura fait trop de progrès dans son programme qui ne pourront pas être annulés par un simple retour aux termes de l’accord.

C’est un point dont nos alliés et partenaires sont conscients et ils sont d’accord. La question est de savoir si l’Iran est prêt à revenir et à s’engager de manière significative dans ces discussions. Nous attendons une réponse à ce sujet.

Et je suis désolé, la deuxième partie de votre question ?

QUESTION : L’Afghanistan (inaudible).

SECRÉTAIRE BLINKEN : Oh, oui. Je pense qu’il y a une très forte unité dans l’approche et dans l’objectif. Et, bien sûr, je ne suis pas le seul à le dire, cela se reflète dans la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui a été adoptée il y a quelques semaines, le 30 août. Cette résolution énonce clairement les attentes du Conseil de sécurité en ce qui concerne la conduite des talibans à l’avenir : encore une fois, la liberté de voyager ; le respect des engagements pris pour que l’Afghanistan ne soit pas utilisé comme plateforme de lancement pour le terrorisme ; le respect des droits fondamentaux, notamment ceux des femmes, des filles et des minorités ; l’autorisation et la protection réelle de l’aide humanitaire ; et bien sûr, une gouvernance inclusive. Tout cela figure dans une résolution du Conseil de sécurité.

Au-delà de cela, plus d’une centaine de pays ont clairement exprimé les mêmes attentes à l’égard des talibans et, dans la quasi-totalité des conversations que j’ai eues avec différents groupes de personnes ou de pays, y compris au Conseil de sécurité, je pense que la communauté internationale dans son ensemble attend des talibans qu’ils respectent ces engagements.

Et donc nous verrons. La conclusion est la suivante : une fois encore, les talibans affirment qu’ils recherchent la légitimité, qu’ils recherchent le soutien de la communauté internationale ; la relation qu’ils entretiennent avec la communauté internationale sera définie par les actions qu’ils entreprennent. C’est ce que nous recherchons. Et, encore une fois, nous ne sommes pas les seuls. C’est également le cas du Conseil de sécurité et des pays du monde entier.

M. PRICE : Nous allons passer à Barbara Usher.

QUESTION : Bonjour, M. Blinken, juste quelques questions pour faire suite à certains de mes collègues, à ce que certains de mes collègues ont soulevé.

En ce qui concerne la réunion avec le ministre français des Affaires étrangères, pensez-vous que maintenant la crise est à présent terminée, si l’on peut parler de crise, et d’ailleurs, parleriez-vous de crise ? Et lui avez-vous présenté vos excuses ?

Et puis, en ce qui concerne Haïti, vous avez dit que vous compreniez la passion de M. Foote, ce que l’on comprend aisément, mais le message ou la déclaration qui a été faite semblait suggérer que les propositions qu’il avait faites n’étaient pas bonnes, qu’elles étaient nuisibles à la promotion de la démocratie, et disait essentiellement qu’il avait présenté sous un faux jour les circonstances de sa démission. J’ai donc trouvé que c’était une déclaration assez vivement formulée, en fait. Je me demande s’il a été considéré comme une sorte d’obstacle d’une part, ou si, d’autre part il a été, si je puis dire, jeté aux lions. Pouvez-vous mettre en contexte cette déclaration ? Je vous remercie.

SECRÉTAIRE BLINKEN : Laissez-moi d’abord répondre à la deuxième partie de la question.

Écoutez, comme je l’ai dit il y a quelques instants, l’envoyé spécial Foote a rendu des services remarquables au pays dans toute une série de rôles. Je respecte et j’admire énormément la passion qu’il a apportée à ce dernier rôle, mais cela ne signifie pas que, par définition, une politique ou une approche particulière qu’il a pu proposer ou soutenir est nécessairement la bonne, ou qu’en raison du processus que nous suivons pour chaque politique, il était préétabli que cela irait dans le sens qu’il proposait ou que quiconque proposait. Donc, encore une fois, je le respecte, je le respecte énormément, je respecte son service, je respecte sa passion, mais cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas et que nous ne serons pas en désaccord sur la bonne approche à adopter, la bonne politique à suivre. Et c’est de cela qu’il s’agit, et il a décidé qu’il ne se sentait plus à l’aise dans cette fonction, et je respecte cette décision.

En ce qui concerne la France et mon collègue, le ministre des Affaires étrangères Le Drian, je pense que ce que j’ai dit précédemment correspond à ma vision des choses et à la nôtre. Nous avons un processus décidé, convenu par le président Macron, par le président Biden, de consultations approfondies pour aller de l’avant. Nous reconnaissons que cela va prendre du temps, qu’il va falloir travailler dur, et que nous devons faire preuve de résultats non seulement dans ce que nous disons, mais aussi dans ce que nous faisons ensemble. Je suis très attaché à cette façon de procéder. Je travaillerai en étroite collaboration avec Jean-Yves dans les jours et les semaines à venir, et je suis convaincu que nos intérêts communs sont si forts, les valeurs que nous partageons si inébranlables, que nous irons de l’avant et ferons du bon travail. Mais cela prendra du temps et demandera du travail, et comme je l’ai dit, je suis déterminé à le faire.

M. PRICE : Je vous remercie, Monsieur le secrétaire. Je vous remercie toutes et tous énormément.

SECRÉTAIRE BLINKEN : Merci beaucoup à toutes et à tous. Profitez bien de New York.


Voir le contenu d’origine : https://www.state.gov/secretary-antony-j-blinken-at-a-press-availability-7/

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.

U.S. Department of State

The Lessons of 1989: Freedom and Our Future